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Parents - niveau débutant

Le 6 mars 2013, 12:52 dans Maternité 0

C'est rigolo comment avec la grossesse (9 mois tout de même) on a le temps de se former. Parce que oui, devenir parent demande une formation intense sous peine de ridiculisation violente quand on croise un semblable. Il aura fallu suivre quasiment toutes les émissions des Maternelles en replay, et lire (allez on peut le dire y'a prescription maintenant) plein de sites / blogs dédiés à la grossesse et à la maternité au boulot.

Au-delà de la « base » à connaître : comment grossit le bébé haricot, combien il pèse etc (j'avais même une appli qui me disait qu'en ce moment, le fœtus est gros comme une pomme...), il a fallu se familiariser avec du vocabulaire.

Si pour vous aussi les mots turbulette, gigoteuse, nid d'ange, chancelière, cosy, nacelle et j'en passe semblaient sortis d'un dictionnaire secret, que dire des mots qui font carrément peur : péridurale, forceps, maternité classe 3, vergetures, épisiotomie, suites de couches...

Au cours de ma formation j'ai trouvé mes marques de future maman peu à peu. J'ai découvert par exemple que le Laurence Pernoud « J'attends un enfant » était chiant à mourir et même vieux-jeu, et j'ai donc préféré lire des livres tels que « Bad Mother: A Chronicle of Maternal Crimes, Minor Calamities, and Occasional Moments of Grace » de Ayelet Waldman à hurler de rire mais également très impliquant, ou « Au monde, ce qu'accoucher veut dire » de Chantal Birman.

J'ai découvert Chantal Birman en cherchant un DVD de cours sur l'accouchement. Car nous avons suivi une préparation par l'haptonomie, et je trouvais que ces cours manquaient terriblement de notions terre-à-terre style « quand va-t-on à la maternité » ou « c'est quoi perdre les eaux » ? J'ai acheté les DVD et après le livre, en j'en ai fait mon héroïne de l'accouchement, ma star. Moi qui appréhendais à mort ce moment, j'en avais -presque- envie d'accoucher. Avec elle. Mais ça, c'était pas possible car elle ne travaillait pas dans la maternité dans laquelle mon Chéri m'avait inscrite dans les 24 heures de l'annonce de ma grossesse faute de places (j'exagère à peine). Je l'ai contactée et elle m'avait proposée de venir en consultation de suites de couches à la Maternité des Lilas en plein mois d’août, elle m'avait communiquée ses dates de congés et tout, mais plouf, une fois mon fils sorti et sans voiture, nous n'avions plus envie de faire 30 minutes de transports en commun. Quel raté. J'aurais tellement aimé ! Mon idole de la ventouse...

Bref, nous avons peu à peu tracé les contours non pas de quel genre de parents nous voulions être, mais ce que nous voulions donner à notre bébé.

Je voulais « essayer » d'allaiter et me laisser le choix si cela ne nous (mon bébé et moi) plaisait pas.

Je refusais par contre d'avoir mon bébé collé au sein à 2 ans. Je sais pas comment l'expliquer, ça me gêne pour moi. Je voulais retrouver ma liberté, mon corps, mes nichons.

On voulait préserver autant que possible son confort in utero. C'est à dire le porter en écharpe dès la sortie de la maternité, privilégier le peau à peau, le masser, et surtout respecter ses besoins primitifs. Et le mien il en a eu et pendant un moment, des besoins primitifs. Il a eu très tôt un gros besoin de succion et de bercement. Aussi, avons-nous passé des nuits entières à marcher dans la chambre, et à mettre notre doigt dans sa bouche les premiers mois (il crachait la sucette). Même la journée, il exigeait de moi que je fasse les 100 pas dans mon 30 m2, ou que je reste figée sur mon canapé pendant que lui dormait tranquillement mon doigt dans sa bouche. Si j'avais le malheur de le poser dans son lit, il me faisait ses yeux de hibou l'air de « t'as cru que je dormais ? Ben NON, ENCORE ! ».

Et ce « maternage » comme ceux-qui-savent-de-quoi-il-parlent disent, a connu des limites tout de même. Il n'a pas dormi avec nous plus de 3 semaines (dans notre lit j'entends, avant : hibou), il a retrouvé son lit, et à 2 mois il dormait dans sa chambre (ah ça c'était chaud quand même). Nous ne l'avons pas non plus « isolé » du reste du monde comme s'il était encore dans son liquide amniotique. Il avait atterri, il fallait quand même qu'il l'intègre. Il a vite voyagé en train, participé à des fêtes de famille, pris le bus et la pollution parisienne en pleine tête.

Maintenant qu'il a 6 mois, je réalise que ma formation n'est pas terminée, et qu'il semblerait qu'on ait encore et encore à apprendre... on a découvert la diversification, les -petits- problèmes de sommeil et d'addiction à la sucette (une fois qu'il l'a prise il est tombé amoureux), les dents, etc.

J'ai comme l'impression que ce ne sera jamais fini, ce travail de comprendre notre enfant pour qu'il pousse droit.

On en parle ou pas de la formation de parent ?

 

La grossesse avec un grand G

Le 6 mars 2013, 12:46 dans Maternité 0

Bon allez, j'en parle sinon on va croire que je me cache et que je veux pas dire la vérité.
La grossesse. Hum. Ma grossesse. Point à la ligne.
Il faut commencer par dire une chose certaine et systématique sur la grossesse, c'est hyper important, fondamental, élémentaire : c'est qu'on l'oublie après. Comme l'accouchement. Vraiment. C'est hormonal qu'ils disent. Et c'est tant mieux (sourire plein de dents).
Alors maintenant dire comment ça s'est passé pour moi... mmm c'était long. J'ai eu peur d'accoucher d'un petit de 3 ans tellement j'ai l'impression d'avoir été enceinte pendant un siècle. Mais ce temps là est nécessaire, pas seulement pour son mec (comme me l'expliquait le chéri de ma BS3) mais pour nous aussi, les nanas. Parce qu'il faut bien partir d'un point : quand on n'a jamais eu de bébé, on n'y connaît rien, on n'est pas préparé à ce qui va se passer, et prendre le temps d'enregistrer l'info, de la digérer, d'en faire une boulette et de jouer avec, ben c'est pas de trop. 
Moi il m'a fallu plus qu'une grossesse pour comprendre ce qui m'arrivait, même si je le voulais fort fort fort hein, mon bébé. 
J'aime bien mon corps et il m'aime bien. On s'entend bien depuis toujours, je prends soin de lui, et il me le rend bien. Il ne me trahit pas, je lui fais une confiance totale. J'ai cette chance là. Alors sur cette lancée lorsque je suis tombée enceinte, j'ai espéré qu'une fois de plus mon corps saurait gérer ce chambardement. Oh je savais que je ne serais pas de la catégorie "je ne suis jamais aussi épanouie que lorsque je suis enceinte", puisque quand je ne suis pas enceinte, je me sens très bien dans mon corps et dans ma tête. Cela ne pouvait donc être que pire. Alors non, je n'ai pas eu de pathologie particulière pendant ma grossesse, j'ai eu la chance d'être rassurée par le corps médical à chaque visite, mais j'en ai eu plein en général. Mes changements d'humeur auront été la plus grande difficulté pendant cette période il me semble. Ils étaient liés à la fatigue, aux hormones, au fait que lorsqu'on est enceinte il est difficile de faire autre chose que... être enceinte. Alors tout ce qui gravitait autour de moi et qui ne me passionnait pas... me gonflait. Première victime : mon chéri. Victimes collatérales : non y'a vraiment que lui.
Il faut que je confesse une chose tout de même. Je n'ai pas réussi pendant ma grossesse, à anticiper ce qui allait arriver. J'explique. Je savais bien que je portais un haricot qui poussait très doucement, puis petit à petit j'ai arrêté de visualiser ce qui se passait. Les coups de pieds m'embêtaient, j'étais gênée, et ramollie du bulbe (on peut faire un aparté et dire que NON les coups de pieds ne font pas du bien ?). Mais à aucun moment je n'étais réellement attendrie par le fait même de porter un enfant. Sauf peut-être quand j'entendais son petit coeur. Je n'avais pas la sensation de porter un enfant, j'étais juste lente et amoindrie, comme malade. Et une maladie qui dure 9 mois merci bien. Je ne me pardonnais pas de ne pas pouvoir faire exactement comme avant. Marcher, monter les escaliers, aller vite, ramasser un truc par terre, etc. J'ai pourtant réussi à faire du sport jusqu'à mes 5 mois de grossesse, jusqu'au moment où monter les marches qui mènent à la salle de sport me suffisait pour être crevée. J'étais handicapée. 
L'haptonomie aurait dû m'aider à "entrer en contact" avec mon bébé. Plouf. Pas du tout. Mon chéri a beaucoup aimé, il a d'ailleurs senti le bébé bouger avant moi (oui oui c'est possible, c'est nul mais c'est possible). Avec le recul je me dis souvent que si j'avais su qu'il allait arriver mon Béboun, celui-là même, celui que j'ai appris à aimer, j'aurais vécu ma grossesse de manière complètement différente. C'est pour ça que je pense que la seconde sera vraiment plus sereine (croise les doigts Public, croise les doigts). "Pas sereine" pas par opposition à "angoissée" parce que je n'étais pas angoissée. Si, seulement par 2 choses : 1/ j'avais peur qu'il soit moche et 2/ j'avais peur de ne pas l'aimer. Et comme le 2 ne s'est pas vérifié, le 1 non plus, puisque la nature fait bien les choses.
Je me suis donc sentie dépossédée de moi-même, je n'avais plus la même peau, la même forme, j'étais condamnée à mettre des habits atroces (v'la la mode pour les femmes enceintes, une vraie galère, autant se mettre un sac de 100 L avec 3 trous sur la tête) alors que ma garde-robe (je sais c'est bête) est une sécurité pour moi. Ma confiance en moi, un bout en tout cas (de la confiance, pas de la garde-robe sinon ça veut rien dire). Et comme je n'ai pas assimilé l'aspect positif de ce qui se passait en moi, j'ai vécu les aspects négatifs à 200%. Acné, hémorroïdes à ne plus marcher, problèmes digestifs, gastriques, phénomène appelé "d'orteils en forme de knaki balls" dû à une grossesse en été, acné à nouveau (dans le dos, dans les cheveux... oui tu as bien lu : des pustules dans les cheveux), nausées accompagné du syndrôme "je mange donc je n'ai plus de nausée". Maîtrise permanente impérative de l'énergie restante, comme dans les jeux vidéos, sinon risque de craquage en pleine rue ('te rappelles Chéri, le soir de la fête des Lumières?).
Voilà ça y est, le pire est dit.
La bonne nouvelle est que j'écris tout ça en ayant oublié 70% de l'histoire. Mon Mec saurait faire un livre, mais comme personne ne lui demande... 
Maintenant, et pour dire comment les choses sont bien faites, je me languis de la seconde grossesse. Parce que je "préparerai" lentement une seconde Frispouille, un crapaud, une crevette... et que j'aurai chaque jour sous mes yeux, le résultat de ma première épreuve :)
Je garde l'histoire de l'accouchement pour la prochaine fois, avant de se mettre à table !